Diablo IV : le retour de Blizzard sur PC

Diablo IV

Onze ans après Diablo III, Lilith a ouvert les portes de Sanctuaire. Diablo IV est sorti le 6 juin sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series. Les possesseurs des éditions Deluxe et Ultimate en profitaient déjà depuis quatre jours. Les critiques sont excellentes, avec des moyennes proches de 90 sur Metacritic. Un an après la polémique Diablo Immortal, Diablo IV marque le retour de Blizzard sur PC. Un retour réussi, avec quelques ombres au tableau.

Diablo IV, le retour de Blizzard dans les ténèbres

Le premier choc est visuel. À sa sortie, Diablo III avait déçu une partie des fans avec ses couleurs vives et son ambiance presque féerique. Cette fois, Blizzard revient aux sources. Sanctuaire est sombre, boueux, sanglant. Les villages tombent en ruine et les églises sentent la peste. Après le pays des Bisounours démoniaques de Diablo III, Blizzard a manifestement rouvert sa réserve de gris.

Ensuite, la campagne, centrée sur Lilith, fille de Méphisto, s’appuie sur une mise en scène soignée. Les cinématiques de Blizzard restent parmi les meilleures du secteur. Le scénario, plus adulte que dans les précédents épisodes, accroche jusqu’au bout. Cinq classes sont proposées au lancement : barbare, druide, nécromancien, sorcier et voleur.

La grande nouveauté concerne toutefois la structure. Pour la première fois, Diablo propose un monde ouvert, découpé en cinq grandes régions. On le parcourt à cheval, on y croise d’autres joueurs et des boss mondiaux qui réclament des dizaines de participants. Les donjons, eux, restent générés en partie de façon procédurale.

Une version PC solide

Sur PC, Blizzard a soigné sa copie. La configuration minimale se contente d’une GTX 660 et de 8 Go de mémoire vive, pour du 1080p à 30 images par seconde. Pour la 4K en Ultra, Blizzard recommande une RTX 3080 et 32 Go de mémoire vive. Un SSD est obligatoire, avec 90 Go d’espace libre. Le jeu prend aussi en charge DLSS 3 sur les cartes RTX 40.

Dans les faits, le jeu tourne bien sur une large gamme de machines. Même une carte graphique de milieu de gamme vieille de cinq ans permet de jouer confortablement en 1080p. Les serveurs ont tenu le choc du lancement, avec quelques files d’attente au début de l’accès anticipé. C’est un net progrès par rapport au lancement chaotique de Diablo III et de sa tristement célèbre « erreur 37 ». Quelques joueurs signalent toutefois une consommation de mémoire vidéo qui grimpe au fil des heures. Blizzard dit étudier le problème. Un correctif devrait donc arriver rapidement.

En revanche, le jeu reste réservé à Battle.net sur PC. Pas de Steam, pas d’Epic Games Store. Il exige aussi une connexion permanente, même en solo. Le jeu solo hors ligne reste, chez Blizzard, une légende aussi ancienne que Tristram.

Le modèle économique sous surveillance

Après Diablo Immortal et ses microtransactions, les joueurs attendaient Blizzard au tournant. Diablo IV coûte 70 dollars dans son édition standard. Il propose aussi une boutique d’objets cosmétiques. Blizzard promet qu’elle ne vendra aucun avantage en jeu. Les prix font pourtant tiquer : certains ensembles d’apparence dépassent les 20 dollars.

Par ailleurs, le jeu adopte un modèle saisonnier. La première saison démarrera en juillet, avec un passe de combat. Comme dans Diablo III, les joueurs devront créer de nouveaux personnages à chaque saison pour profiter des nouveautés. Le passe proposera une partie gratuite et une partie payante, avec des cosmétiques et des bonus de progression saisonniers.

Pour l’instant, la plupart des joueurs semblent donc rassurés. Rien dans la boutique ne rend plus puissant. Reste à voir comment Blizzard fera évoluer ce modèle sur la durée. Les saisons à venir diront si le jeu sait garder ses joueurs sans pousser à la dépense.

Ce que les développeurs peuvent en retenir

Pour un studio, Diablo IV montre d’abord l’intérêt d’écouter sa communauté. Blizzard a multiplié les bêtas publiques, en mars puis en mai. Le studio a corrigé l’équilibrage, l’interface et certains donjons en fonction des retours. Ce travail en amont explique en partie la qualité du lancement. Les bêtas ont aussi servi de test de charge pour les serveurs, avec un afflux massif de joueurs connectés en même temps.

Le jeu illustre ensuite la difficulté de concilier PC et consoles. Diablo IV se joue aussi bien à la souris qu’à la manette, avec une interface pensée pour les deux. Le jeu croisé et la progression partagée entre plateformes demandent un énorme travail d’adaptation. Le résultat reste convaincant, même si certains menus trahissent leur conception pour la manette.

Enfin, le choix du monde ouvert pose une question de rythme. Parcourir de grandes régions à cheval dilue parfois l’intensité propre au genre. Les donjons et les événements mondiaux compensent en partie. Pour un jeu de rôle d’action, trouver l’équilibre entre déplacements et combats reste un exercice délicat.

Un enjeu majeur pour Blizzard

Le succès de Diablo IV arrive d’ailleurs à un moment clé. Le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft reste bloqué par l’autorité britannique de la concurrence et contesté par la FTC aux États-Unis. Blizzard a aussi traversé une crise grave depuis 2021. Un lancement réussi lui redonne un peu d’air. Les équipes, éprouvées par les départs et les polémiques, avaient besoin d’un succès incontestable. Diablo IV leur offre au moins ce répit.

Diablo IV marque le retour de Blizzard sur PC avec un jeu sombre, généreux et techniquement solide. Le studio saura-t-il faire vivre son jeu sur la durée, ou les saisons finiront-elles par lasser les joueurs ?

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