Steam Frame : un mois après sa sortie, le casque VR de Valve vaut-il ses 1 049 € ?

Valve avait juré que son nouveau casque coûterait moins cher que l’Index. Promesse tenue, au sens strict : le Steam Frame démarre à 1 049 € en 256 Go. Le kit complet de l’Index coûtait 1 079 € en 2019. Chez Valve, on appelle ça une baisse de prix.

Un mois après les premières livraisons, la poussière retombe. Les tests sont publiés, les premiers acheteurs l’ont porté plus de vingt minutes et le verdict se dessine. Le Steam Frame est sans doute le meilleur casque pour jouer à ses jeux PC sans fil. C’est aussi un appareil à moitié fini, vendu au prix d’un appareil complet.

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Steam Machine : Valve retente sa chance dans le salon

Dix ans après un premier essai raté, Valve remet le couvert. Le 12 novembre, l’entreprise de Gabe Newell a dévoilé trois nouveaux appareils d’un coup. Il y a d’abord la Steam Machine, un petit PC de salon. On trouve ensuite le Steam Frame, un casque de réalité virtuelle autonome, puis un nouveau Steam Controller. Les trois produits sortiront début 2026. Avec la Steam Machine, Valve veut cette fois s’installer pour de bon sous la télé. Gabe Newell ne sait toujours pas compter jusqu’à trois, mais il sait visiblement en annoncer trois d’un coup.

La Steam Machine, un cube taillé pour le salon

La Steam Machine se présente sous la forme d’un cube d’environ 15 centimètres de côté. À l’intérieur, on trouve un processeur AMD Zen 4 à six cœurs et une puce graphique AMD RDNA 3 dotée de 28 unités de calcul. L’ensemble s’appuie sur 16 Go de mémoire DDR5, plus 8 Go de mémoire vidéo GDDR6. Deux versions sont prévues, avec 512 Go ou 2 To de stockage.

Selon Valve, la machine serait plus de six fois plus puissante que la Steam Deck. Elle vise la 4K à 60 images par seconde, en s’appuyant sur le FSR d’AMD pour la mise à l’échelle. Autrement dit, la plupart des jeux tourneront en réalité dans une définition inférieure, avant d’être agrandis. C’est la recette des consoles actuelles. Elle fonctionne d’ailleurs plutôt bien.

La machine tourne sous SteamOS, le système de la Steam Deck, basé sur Linux. Grâce à la couche de compatibilité Proton, elle lance la grande majorité des jeux Windows du catalogue Steam. Valve laisse toutefois la possibilité d’installer un autre système, Windows compris. C’est un PC, après tout.

Le prix, la grande inconnue

Valve n’a donné aucun prix. L’entreprise a seulement laissé entendre que la machine serait vendue au prix d’un PC aux performances équivalentes, sans subvention comme sur les consoles. Sony et Microsoft vendent souvent leurs machines à perte au lancement, pour se rattraper sur les jeux. Valve, lui, ne veut pas jouer ce jeu-là.

Ce choix inquiète une partie des joueurs. Un PC de cette puissance coûte aujourd’hui plusieurs centaines d’euros, sans compter le boîtier compact. La hausse récente du prix de la mémoire vive n’arrange rien. Si la Steam Machine dépasse nettement le prix d’une PS5, elle risque de rester un produit de niche. Faire une console de salon sans le prix d’une console de salon, voilà un pari typiquement Valve.

Le Steam Frame et le Steam Controller

Le Steam Frame, lui, prend la suite de l’Index. Ce casque de réalité virtuelle fonctionne sans fil, grâce à une puce Snapdragon 8 Gen 3. Il peut faire tourner des jeux de façon autonome ou recevoir le flux d’un PC. Valve met en avant une technique de streaming fovéal, qui concentre la qualité d’image là où le joueur regarde. Le casque permet aussi de jouer à des jeux classiques sur un écran virtuel.

Le nouveau Steam Controller reprend enfin les idées de son prédécesseur, avec deux pavés tactiles, des sticks magnétiques et un gyroscope. Il fonctionne avec tous les appareils de la gamme. Les nostalgiques du premier modèle, abandonné en 2019, apprécieront.

Dix ans après les premières Steam Machines

Le nom n’a rien d’inédit. En 2015, Valve avait déjà lancé des Steam Machines, fabriquées par des partenaires comme Alienware. L’expérience avait tourné au fiasco. Les machines coûtaient cher, SteamOS manquait de jeux compatibles et les joueurs ne voyaient pas l’intérêt.

Le contexte a cependant changé. La Steam Deck, sortie en 2022, a prouvé que SteamOS pouvait offrir une expérience de qualité. Proton fait désormais tourner la plupart des jeux Windows sans effort. Valve contrôle aussi entièrement le matériel cette fois, au lieu de dépendre de fabricants tiers. Les leçons du premier échec semblent avoir porté.

Un marché en pleine recomposition

L’annonce tombe enfin à un moment particulier. Microsoft rapproche de plus en plus la Xbox du PC. La console portable ROG Xbox Ally, conçue avec Asus et sortie en octobre, fait d’ailleurs tourner Windows. La frontière entre console et ordinateur n’a jamais été aussi floue.

Valve arrive donc avec un argument de poids : une bibliothèque existante. Les joueurs PC possèdent souvent des centaines de jeux sur Steam, achetés au fil des soldes. Brancher un petit boîtier sous la télé pour y accéder sans racheter quoi que ce soit a de quoi séduire. Encore faut-il que le tarif suive.

Ce que ça change pour les développeurs

Pour les studios, l’arrivée de la Steam Machine renforce d’abord l’intérêt de la compatibilité Linux. Un jeu qui fonctionne bien avec Proton touchera directement les joueurs de Steam Deck et de Steam Machine. Les anticheats qui bloquent Linux, comme celui de Battlefield 6, deviennent un handicap.

La machine pose ensuite la question de l’interface. Un jeu PC joué sur un canapé, à la manette, doit offrir des menus lisibles à distance et une prise en charge complète du contrôleur. Beaucoup de jeux PC négligent encore ces aspects.

Enfin, la Steam Machine offre une cible matérielle précise, comme une console. Les développeurs pourront optimiser leurs jeux pour cette configuration. Valve pourrait aussi étendre son système de labels de compatibilité, sur le modèle du programme « Steam Deck Vérifié ». Pour les petits studios, cette visibilité pourrait compter.

Avec la Steam Machine, Valve tente à nouveau de conquérir le salon. L’entreprise saura-t-elle proposer un prix assez attractif pour séduire au-delà des passionnés, ou l’histoire de 2015 va-t-elle se répéter ?

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