Hogwarts Legacy sur PC : magie et saccades

Hogwarts Legacy

Pendant des années, des millions de fans ont attendu leur lettre de Poudlard. Elle est enfin arrivée, sous la forme d’un jeu vidéo. Hogwarts Legacy est sorti le 10 février sur PC, PS5 et Xbox Series, après trois jours d’accès anticipé pour l’édition Deluxe. Sur Steam, le jeu a atteint 879 308 joueurs simultanés le 12 février, selon SteamDB. C’est l’un des dix plus gros pics de l’histoire de la plateforme. Pourtant, Hogwarts Legacy sur PC ne tourne pas aussi bien qu’il le devrait.

Hogwarts Legacy sur PC : un château qui fait rêver

Commençons par ce qui fonctionne. Développé par Avalanche Software et édité par Warner Bros. Games, le jeu se déroule à la fin du XIXe siècle, bien avant les romans. Le joueur incarne un élève qui entre directement en cinquième année. Il suit des cours, apprend des sorts, prépare des potions et découvre peu à peu un complot lié à une magie ancienne.

Le château de Poudlard constitue ainsi la grande réussite du jeu. Ses couloirs, ses escaliers mouvants, ses tableaux animés et ses salles secrètes ont été reconstitués avec un soin maniaque. Les fans de la saga reconnaissent chaque recoin. On passe facilement une heure à se perdre entre la tour de Divination et la Grande Salle sans avancer d’un pouce dans l’histoire.

En revanche, le reste du monde ouvert convainc un peu moins. Autour du château, les Highlands proposent des villages, des grottes et des camps ennemis. On y retrouve les activités habituelles du genre : énigmes répétitives, coffres à ouvrir et camps à nettoyer. Les combats, eux, se révèlent plutôt dynamiques grâce aux combinaisons de sorts.

Le problème des saccades

Sur PC, la fête se gâte vite. De nombreux joueurs signalent des saccades, ces micro-blocages qui figent l’image une fraction de seconde. Elles surviennent surtout lors des déplacements dans le château et à Pré-au-Lard, le village voisin. Le phénomène touche aussi les configurations haut de gamme.

Le jeu compile pourtant ses shaders au premier lancement. En théorie, c’est la bonne méthode. Cette étape, qui prend plusieurs minutes, devait justement éviter les saccades. Elle ne suffit pas. D’autres blocages apparaissent quand le jeu charge de nouvelles zones à la volée. Les spécialistes parlent de saccades de traversée, un défaut fréquent des grands mondes ouverts sous Unreal Engine 4.

La mémoire vidéo pose aussi problème. Avec le ray tracing activé, le jeu peut dépasser les capacités des cartes graphiques dotées de 8 Go. Les performances s’effondrent alors brutalement. Le processeur, enfin, souffre à Pré-au-Lard, où la foule de personnages fait chuter les images par seconde. Même une RTX 4090 ne fait pas de miracle quand le processeur doit gérer chaque sorcier qui fait ses courses.

Une configuration exigeante

Avalanche avait annoncé la couleur. La configuration minimale demande une GTX 960 et 16 Go de mémoire vive. Pour le niveau « Ultra » en 4K, l’éditeur recommande une RTX 3090 Ti et 32 Go de mémoire vive. Un SSD est conseillé à partir de la configuration recommandée. Le jeu pèse 85 Go.

Le jeu prend en charge les trois grandes techniques de mise à l’échelle : DLSS 3 chez Nvidia, FSR 2 chez AMD et XeSS chez Intel. Elles aident d’ailleurs beaucoup. Désactiver le ray tracing améliore aussi nettement la situation, pour une perte visuelle modeste. Avalanche a reconnu les problèmes et promet des correctifs. Sur les forums, les joueurs n’ont pas attendu : des fichiers de configuration modifiés circulent déjà pour réduire les saccades. Les résultats varient selon les machines, mais certains constatent une nette amélioration.

Un succès malgré tout

Ces défauts n’ont cependant pas freiné les ventes. Hogwarts Legacy a pris les premières places des meilleures ventes de Steam. Au Royaume-Uni, il signe le meilleur lancement d’un jeu Harry Potter. Le jeu a pourtant fait l’objet d’appels au boycott, liés aux prises de position de J. K. Rowling, l’autrice de la saga. Ces appels n’ont visiblement pas pesé sur les chiffres.

Pour Warner Bros. Games, le succès arrive donc à point nommé. L’éditeur cherchait depuis longtemps à transformer la saga en licence de jeu vidéo durable. Une suite paraît désormais probable. Les versions PS4 et Xbox One sont attendues dans les prochains mois, suivies plus tard par une version Switch.

Ce que les développeurs peuvent en retenir

Pour un studio, l’histoire se répète. Il y a un an, Elden Ring souffrait déjà de saccades sur PC. Hogwarts Legacy montre que précompiler les shaders au lancement ne règle pas tout. Les chargements de zones en arrière-plan doivent aussi être pensés pour le PC, où le matériel varie énormément d’une machine à l’autre.

Epic a pris la mesure du problème. Unreal Engine 5.1 a introduit un système expérimental de précompilation automatique des shaders. Il reste encore à le généraliser. En attendant, les studios qui utilisent Unreal Engine 4 doivent traiter le problème eux-mêmes, avec des tests sur des configurations variées.

La gestion de la mémoire vidéo mérite aussi plus d’attention. Beaucoup de joueurs possèdent encore des cartes avec 8 Go ou moins. Proposer des réglages de textures adaptés évite bien des frustrations. Les expliquer clairement dans le menu aide tout autant. Enfin, un jeu qui vise un public aussi large que celui de Harry Potter attire de nombreux joueurs occasionnels. Ces derniers ne savent pas forcément régler leur PC.

Hogwarts Legacy sur PC offre un château magnifique, gâché par des saccades bien moldues. Avalanche saura-t-il corriger le tir assez vite, ou faudra-t-il encore attendre les moddeurs pour profiter pleinement de Poudlard ?

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