Indiana Jones n’aime pas les serpents. Les joueurs PC, eux, n’aiment pas qu’on leur impose leur carte graphique. Le nouveau jeu de MachineGames, Indiana Jones et le Cercle ancien, est sorti le 9 décembre sur PC et Xbox Series. Il figure aussi dans le Game Pass. Les critiques sont excellentes, presque unanimes. Mais sur PC, une ligne de la fiche technique fait parler. Le jeu exige une carte graphique compatible avec le ray tracing. Avec Indiana Jones et le Cercle ancien, le ray tracing devient obligatoire. Une première pour un jeu de cette envergure.
Indiana Jones et le Cercle ancien, une aventure réussie
Le jeu se déroule en 1937, entre Les Aventuriers de l’arche perdue et La Dernière Croisade. Indiana Jones part sur la piste d’un artefact volé dans son université. L’aventure le mène du Vatican à l’Égypte, en passant par l’Himalaya, sur les traces d’un mystérieux cercle reliant des sites anciens à travers le monde.
MachineGames, le studio suédois de la série Wolfenstein, a d’abord réussi un pari délicat. Le jeu capte l’esprit des films, entre humour, action et découverte. Les énigmes, les combats au poing et l’utilisation du fouet rappellent les meilleures scènes de la saga. Troy Baker prête sa voix et ses traits à un Indy très convaincant. Le fouet sert à la fois d’arme, de grappin et d’outil de diplomatie, ce qui résume assez bien la philosophie du personnage.
Le jeu privilégie l’infiltration et la fouille à la fusillade. Les armes à feu existent, mais elles attirent vite des renforts. Il vaut mieux se déguiser, se faufiler ou assommer discrètement un garde avec une poêle à frire. Les niveaux, larges et ouverts, encouragent en outre à fouiller chaque recoin pour trouver des secrets. Certains cachent des énigmes entières, totalement facultatives, que seuls les joueurs curieux découvriront.
Le ray tracing devient obligatoire
C’est sur PC que le jeu fait débat. Il exige en effet une carte graphique compatible avec le ray tracing matériel. Il faut au minimum une RTX 2060 Super chez Nvidia, une Radeon RX 6600 chez AMD ou une Arc A580 chez Intel. Ces cartes doivent disposer d’au moins 8 Go de mémoire vidéo. Les anciennes cartes, comme les GTX 1060 ou 1080, ne peuvent tout simplement pas lancer le jeu.
Ce choix technique a pourtant une explication. Le jeu utilise une version du moteur id Tech, celui de Doom Eternal. L’éclairage global repose entièrement sur le ray tracing. Les développeurs n’ont donc pas eu à créer et à maintenir une solution d’éclairage alternative, plus classique, pour les cartes plus anciennes. Ils ont ainsi gagné du temps et obtenu un rendu cohérent sur toutes les configurations compatibles.
Pour les configurations les plus puissantes, le jeu propose par ailleurs un mode de ray tracing intégral, ou « path tracing ». Il nécessite une carte RTX 40 et la génération d’images de DLSS 3 pour atteindre une fluidité correcte. MachineGames recommande même une RTX 4090 pour en profiter en 4K. Il faut parfois l’équivalent du budget d’une expédition archéologique pour éclairer correctement un temple maudit.
Un choix qui divise
Le ray tracing obligatoire provoque donc des réactions contrastées. Une partie des joueurs dénonce une exclusion des possesseurs de cartes plus anciennes. Les GTX 1650 et 1660, encore très répandues selon le sondage matériel de Steam, ne permettent pas de jouer. Pour ces joueurs, le seul recours reste le jeu en nuage via le Game Pass. La solution dépanne, mais elle exige une bonne connexion et ne remplace pas une partie en local.
D’autres saluent au contraire un choix assumé. Les cartes compatibles avec le ray tracing existent depuis 2018. Les consoles actuelles le prennent en charge depuis leur sortie, fin 2020. Il fallait bien qu’un jour un jeu à gros budget franchisse le pas. Les premiers tests montrent d’ailleurs que le jeu tourne bien sur les configurations minimales, avec une optimisation soignée.
Le jeu est en effet très bien optimisé, ce qui calme une partie des critiques. Le moteur id Tech a toujours eu la réputation d’être rapide et efficace. Sur une carte de milieu de gamme récente, le jeu offre une fluidité appréciable. Les saccades, si fréquentes sur PC ces dernières années, sont ici quasiment absentes.
Ce que les développeurs peuvent en retenir
Pour un studio, Indiana Jones montre d’abord que le ray tracing obligatoire est désormais envisageable. Les cartes compatibles représentent une part croissante du parc. Abandonner l’éclairage traditionnel permet de simplifier la production et d’offrir un rendu plus cohérent.
Le jeu rappelle ensuite l’importance de l’optimisation. Imposer une technologie exigeante n’est acceptable que si le jeu tourne bien sur les configurations minimales. MachineGames y parvient, grâce à un moteur maîtrisé. D’autres studios, moins à l’aise avec leurs outils, risqueraient de rater la marche.
Enfin, la question du parc matériel reste centrale. Elle le restera encore quelques années. Une part importante des joueurs PC utilise encore des cartes anciennes. Imposer le ray tracing revient à renoncer à ce public. Pour un jeu à gros budget, le pari se tient. Pour un jeu indépendant, il serait bien plus risqué. Les petits studios ont tout intérêt à viser large, quitte à proposer le ray tracing en option pour les machines qui le permettent.
Indiana Jones et le Cercle ancien prouve que le ray tracing devient obligatoire, au moins pour les grandes productions. Les autres studios suivront-ils l’exemple de MachineGames, ou attendront-ils que les anciennes cartes disparaissent pour de bon ?
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