Steam Deck : premières impressions et compatibilité du catalogue

Valve la promettait pour décembre. Elle a finalement débarqué fin février. Valve a envoyé le 25 février les premiers courriels aux joueurs qui avaient réservé une Steam Deck en juillet dernier. Les premières livraisons ont suivi dès le 28. Les tests de la presse, publiés mi-février, avaient déjà donné le ton. Après une semaine de retours de joueurs, voici nos premières impressions sur la Steam Deck. La machine tient la plupart de ses promesses, avec quelques réserves de taille.

Steam Deck, premières impressions : un PC qui tient dans les mains

Le premier choc, c’est d’abord la taille. La Steam Deck est nettement plus grande et plus lourde qu’une Switch. Avec ses 669 grammes, elle se tient bien à deux mains, mais on ne la glisse pas dans une poche. Côté commandes, en revanche, c’est l’unanimité. Les deux sticks, les gâchettes et surtout les pavés tactiles offrent une précision rare sur une console portable.

Les performances surprennent ensuite dans le bon sens. Sur l’écran de 7 pouces en 1280 x 800, de nombreux jeux récents tournent correctement, souvent autour de 30 à 40 images par seconde dans les titres les plus gourmands. Les jeux plus légers dépassent sans peine les 60. Valve n’a pas menti : une très grande partie du catalogue Steam fonctionne. Plutôt bien, même.

L’interface de SteamOS reprend le mode Big Picture de Steam, en plus fluide. Un menu rapide permet de limiter la fréquence d’images ou la consommation de la puce pour gagner en autonomie. Pour les plus curieux, un mode bureau donne accès à un environnement Linux complet. On peut y installer d’autres boutiques ou des émulateurs. Il fallait bien qu’un produit de Valve donne aux bidouilleurs de quoi passer leurs week-ends.

La batterie, talon d’Achille attendu

L’autonomie reste en revanche le point faible. Personne n’attendait de miracle de ce côté, vu la puissance demandée par les jeux récents. Sur les jeux en 3D les plus exigeants, la batterie se vide en moins de deux heures. Sur un jeu indépendant en 2D, elle peut tenir bien plus longtemps. Valve annonçait de deux à huit heures. Les premiers tests confirment cette fourchette, avec une tendance assez nette vers le bas pour les productions récentes.

Le ventilateur, lui, se fait entendre dès que la machine force. Rien de gênant avec un casque sur les oreilles, mais le silence d’une Switch reste loin. Certains utilisateurs signalent aussi un sifflement électronique sur certaines unités. La station d’accueil officielle, qui permettra de brancher la console sur un téléviseur ou un moniteur, n’est pas encore disponible. Valve promet sa sortie dans les prochains mois, sans date précise pour l’instant.

La compatibilité du catalogue, vraie question

Reste la question centrale : quels jeux tournent vraiment ? Pour y répondre, Valve a lancé le programme Deck Verified. Chaque jeu testé reçoit une étiquette. « Vérifié » signifie qu’il fonctionne parfaitement, interface et commandes comprises. « Jouable » indique qu’il tourne, mais demande parfois un réglage, par exemple un texte trop petit ou un passage par le clavier virtuel. Les jeux « Non pris en charge » ne fonctionnent pas. Enfin, l’étiquette « Inconnu » concerne tous ceux que Valve n’a pas encore testés.

Quelques semaines avant le lancement, plusieurs centaines de jeux portaient déjà l’étiquette « Vérifié ». Le chiffre grimpe chaque semaine, à mesure que les équipes de Valve testent de nouveaux titres. Les étiquettes peuvent aussi évoluer quand un studio corrige son jeu. Valve affiche l’objectif ambitieux de faire tourner la majorité de son catalogue, qui compte plus de 50 000 jeux. Le chemin reste long, mais les progrès de Proton, la couche de compatibilité de Valve, sont spectaculaires.

Le principal point noir concerne les jeux multijoueurs protégés par un anti-triche. Easy Anti-Cheat et BattlEye fonctionnent désormais avec Proton, mais chaque éditeur doit activer cette compatibilité. Beaucoup ne l’ont pas encore fait. Plusieurs jeux en ligne très populaires restent donc inaccessibles. Une machine qui fait tourner Elden Ring mais pas certains jeux gratuits sortis il y a cinq ans, c’est le genre de paradoxe que seul le PC sait produire.

Ce que ça change pour les développeurs

Pour les studios, la Steam Deck devient désormais une plateforme à part entière. L’étiquette « Vérifié » s’affiche sur la page Steam et dans la boutique de la console. Elle influence donc directement les ventes auprès des possesseurs de la machine. Un jeu marqué « Non pris en charge » perd ce public d’un coup.

Obtenir l’étiquette demande heureusement peu d’efforts dans la plupart des cas. Il faut une interface lisible sur un petit écran, une prise en charge complète de la manette et un clavier virtuel qui s’affiche quand on doit saisir du texte. Il faut aussi éviter les lanceurs externes qui ne fonctionnent pas sans souris. Pour les jeux indépendants, souvent légers et pensés pour la manette, c’est une occasion en or de toucher un nouveau public sans portage coûteux.

Les jeux en ligne ont plus de travail. Activer la compatibilité de l’anti-triche avec Proton demande une démarche de l’éditeur. Il faut parfois aussi quelques ajustements. Les studios qui le feront vite récupéreront des joueurs que leurs concurrents ignorent.

Nos premières impressions sur la Steam Deck sont donc plutôt bonnes. Reste à voir si Valve saura produire assez de machines pour répondre à la demande. Les éditeurs devront aussi suivre le mouvement. La console PC portable deviendra-t-elle une vraie plateforme, ou restera-t-elle un gadget pour passionnés ?

À lire : Steam : les dates des soldes d’été ont fuité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *