Après les fuites, la confirmation. Le Steam Controller a enfin une date de sortie et un prix. Valve a confirmé la nouvelle ce 27 avril via un tweet d’une sobriété remarquable que le Steam Controller arrive le 4 mai 2026 à 19h (heure de Paris), pour 99 euros.
Rappelons le contexte pour ceux qui auraient raté les six derniers mois : Valve a officialisé en novembre 2025 un écosystème hardware complet, avec la Steam Machine, le casque VR Steam Frame, et ce Steam Controller. Depuis, la Steam Machine tâtonne quelque part entre « bientôt » et « quand la pénurie de RAM voudra bien se calmer ». Qu’en au Steam Frame, il reste aussi discret qu’un beta testeur sous NDA. Mais la manette, elle, échappe à tout ça. Pas de DDR5 dedans, pas de problème d’approvisionnement. Elle passe devant tout le monde, un peu comme le gars qui prend le couloir réservé aux voitures électriques avec sa Clio diesel.
Une semaine de préavis, merci Valve
Annoncer un produit à 99 euros une semaine avant sa mise en vente, c’est soit du génie marketing, soit de l’improvisation totale enveloppée dans un communiqué de presse. Avec Valve, impossible de savoir. Ce qui est sûr, c’est que la manette était dans la nature depuis un moment. Plusieurs samples ont fuités ces dernières semaines, des vidéos de test ont été publiées par accident, et des manifestes de livraison ont circulé. En résumé, le secret était aussi bien gardé qu’un mot de passe Post-it collé sur un écran.
L’embargo a sauté, Valve a officialisé. Et voilà, vous avez sept jours pour décider si vous voulez claquer presque cent euros dans une manette de jeu. Prenez votre temps, mais pas trop.

99€, le prix qui fait grincer des dents
Soyons directs : 99€, c’est cher pour une manette. En comparaison, la DualSense de Sony est à 74,99€ et la Xbox Wireless Controller de base tourne à 64,99$ aux États-Unis. Même la manette Nintendo Switch Pro, souvent citée comme l’étalon de la manette premium, se trouve régulièrement sous les 60€ en promotion. Le Steam Controller, lui, arrive à 99€, fière comme un artisan qui vous explique que ses prix reflètent la qualité du travail.
La différence, c’est que Valve assume ouvertement de ne pas subventionner son hardware. Sony vend ses manettes à perte ou à marge minimale, parce que l’argent vient ensuite des jeux et de l’abonnement PlayStation Plus. Valve, elle, vend des jeux en quantité astronomique via Steam et n’a pas besoin de vous attirer dans un écosystème fermé. La conséquence logique de cette liberté, c’est que vous payez le coût réel de fabrication. Bon ok, c’est honnête mais c’est aussi un peu moins sympa pour votre compte bancaire.
Est-ce que ça se justifie techniquement ? Sur le papier, oui. Joysticks magnétiques TMR, deux pavés tactiles rétroéclairés, quatre boutons arrière configurables, retour haptique avancé, batterie de 8,39 Wh pour plus de 35 heures d’autonomie, et un dongle Puck qui fait à la fois récepteur sans fil et chargeur magnétique. C’est beaucoup. Si vous avez cherché ces dernières annes une manette haut de gamme pour PC, vous savez que les alternatives ne sont pas légion.
Ce que vous mettez dans la boîte à 99€
Les joysticks TMR : enfin des sticks qui ne dérivent pas
La technologie TMR (magnétorésistance tunnel) sur les joysticks, c’est la grande nouveauté de cette version 2026. Sans entrer dans un cours de physique quantique dont personne ne veut, l’idée est simple : plus de potentiomètre classique susceptible de s’user et de provoquer ce fameux « drift » qui transforme votre personnage en zombie qui marche tout seul vers un mur. Si vous avez un Joy-Con de première génération, vous voyez exactement de quoi on parle. Les sticks TMR offrent une meilleure précision et une durée de vie nettement supérieure. C’est ce qu’on trouve sur les manettes Elite de Microsoft ou la DualSense Edge, sauf qu’ici c’est le modèle de base.

Les pavés tactiles : l’héritage Steam Deck
Les deux pavés tactiles restent la signature Valve. L’idée derrière, c’est de simuler la souris sur des jeux conçus pour clavier et souris : FPS, jeux de stratégie, city-builders, RPGs avec des inventaires impossibles à naviguer à la manette. Le premier Steam Controller de 2015 avait essayé la même chose, mais son ergonomie bizarre avait découragé beaucoup de monde. Dix ans et un Steam Deck plus tard, Valve a appris à rendre ça utilisable.
Ce que le Steam Deck a prouvé, c’est que les pavés tactiles peuvent convaincre si l’ensemble de la manette tient bien en main. La nouvelle version reprend une disposition standard avec deux sticks analogiques, une croix directionnelle, quatre boutons faciaux et les gâchettes habituelles. Vous posez la manette, vous savez comment ça marche.
Le Puck : l’accessoire que vous ne saviez pas vouloir
Le Puck, c’est le petit dongle qui accompagne le Steam Controller. Il sert de récepteur sans fil (latence très faible, bien meilleure que le Bluetooth dans la plupart des cas), et aussi de station de charge magnétique. Vous posez la manette dessus, elle se charge. Pas de câble à chercher, pas de prise USB-C à insérer à tâtons dans le noir pendant que votre personnage in-game attend poliment que vous reveniez. Franchement, c’est le genre de détail qui ne fait pas la une, mais qui, trois semaines après l’achat, vous fait réaliser que vous ne pouvez plus vous en passer.
Le Bluetooth est aussi disponible si vous y tenez, mais Valve ne s’en cache pas : le Puck est clairement l’option recommandée. Et il peut directement réveiller une Steam Machine à distance, ce qui sera utile quand cette dernière existera réellement dans les magasins… un jour… peut-être.

Le grand absent : la prise casque
Pas de jack 3,5 mm sur le Steam Controller. C’est le choix qui va agacer une partie des joueurs, notamment ceux habitués à brancher leur casque directement sur la manette pour le chat vocal ou le son. Valve justifie ça en expliquant que la plupart des joueurs PC utilisent déjà soit un casque Bluetooth, soit un casque avec son propre dongle USB. L’argument se tient et personnellement c’est mon cas. Il se tient moins bien si vous êtes précisément dans la catégorie « vieux casque filaire branché sur la manette depuis dix ans ».
Autre bonne nouvelle sur un autre front : la réparabilité. La manette s’ouvre comme une boîte à gants, avec sept vis Torx au dos et aucune soudure cachée ni encliquetage piégeux. Valve prévoit même de publier des scans 3D du boîtier pour encourager le moddage. Un moddeur motivé et un peu de résine époxy plus tard, le jack 3,5 mm est peut-être une réalité dans six mois!
Compatibilité : partout où Steam existe
Le Steam Controller fonctionne avec n’importe quel appareil qui fait tourner Steam ou Steam Link. Windows, macOS, Linux, tablettes Android, smartphones… Si Steam s’y installe, la manette s’y connecte. C’est cohérent avec la vision de Valve : pas un accessoire lié à un seul appareil, mais un point d’entrée dans tout l’écosystème.
La manette est aussi pensée comme le compagnon idéal du Steam Deck en mode docké. Quand votre Deck est branché sur la télé, vous pouvez utiliser le Steam Controller à la place de tenir le Deck à la main ou de tripoter une Xbox à la place. Vous gardez les pavés tactiles, les back buttons, les profils Steam Input, bref, toute l’expérience Valve. C’est l’argument le plus solide pour les propriétaires de Steam Deck. Pour les autres, c’est une bonne manette PC haut de gamme à dans un marché où les alternatives sont rares.
Le Steam Controller fonctionne où Steam fonctionne et c’est peut-être là qu’il y a un gros bémole. Avoir une mantte PC qui ne fonctionne qu’avec Steam, ça risque de poser quelques soucis pour les jeux des autres launcher. Une full compatibilité aurait été top, surtout pour une manette à 99€.

Pourquoi « Steam Controller » et pas « Steam Controller 2 » ?
Valve a expliqué à Kotaku ce choix de nom. En résumé : la nouvelle manette est suffisamment différente de celle de 2015 pour ne pas hériter du chiffre « 2 ». Layout différent, technologie différente, contexte hardware différent. C’est une manette à part entière, pas une mise à jour. « Steam Controller 2 » aurait impliqué une continuité directe qui n’existe pas vraiment.
Il y a aussi probablement quelqu’un chez Valve qui s’est souvenu que « Steam Controller » de 2015 n’avait pas exactement laissé un souvenir impérissable dans le grand public, et que coller un « 2 » dessus aurait instantanément rappelé à tout le monde pourquoi ils ne l’avaient pas acheté. Partir d’une page blanche, c’est plus malin.
Ce qu’il faut retenir avant le 4 mai
Le Steam Controller sort le 4 mai 2026 à 19h en France, au prix de 99€. Une semaine de préavis pour vous décider. Voici la situation nette :
Achetez-le si vous jouez principalement sur PC via Steam, que vous possédez un Steam Deck que vous dockez souvent, ou que vous cherchiez une manette haut de gamme avec une intégration logicielle sérieuse. Les joysticks TMR, les pavés tactiles, la réparabilité native et la compatibilité totale avec Steam Input en font un produit cohérent pour l’écosystème Valve.
Passez votre chemin si vous voulez simplement une manette PC qui fonctionne sans réfléchir et que vous n’êtes pas particulièrement attaché à l’écosystème Steam. Une Xbox Wireless Controller à 65€ fera le même boulot pour 35€ de moins. Le Steam Controller ne cherche pas à séduire tout le monde. Objectif: convaincre les joueurs PC qui vivent dans Steam et et voulant une manette pensée de bout en bout. Sur ce segment, il n’a quasiment pas de concurrence directe. Reste à voir si 99€, c’est le prix que ces joueurs sont prêts à payer. Le 4 mai donnera une première réponse.